Document 2 : Le Nouveau Testament remplace-t-il l’Ancien ?
Comme les disciples de Jean le Baptiste et les pharisiens jeûnaient, on vient demander à Jésus : « Pourquoi, alors que les disciples de Jean et les disciples des pharisiens jeûnent, tes disciples ne jeûnent-ils pas ? » Jésus leur dit : « Les invités de la noce pourraient-ils jeûner, pendant que l’Époux est avec eux ? Tant qu’ils ont l’Époux avec eux, ils ne peuvent pas jeûner. Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ; alors, ce jour-là, ils jeûneront. Personne ne raccommode un vieux vêtement avec une pièce d’étoffe neuve ; autrement le morceau neuf ajouté tire sur le vieux tissu et la déchirure s’agrandit. Ou encore, personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres ; car alors, le vin fera éclater les outres, et l’on perd à la fois le vin et les outres. À vin nouveau, outres neuves. »
Marc 2, 18-22
Signification générale :
Jésus n’abroge pas la Loi, mais il inaugure une ère nouvelle où l’accent n’est plus sur les rites extérieurs (comme le jeûne) mais sur la joie de sa présence et l’amour du prochain, transformant les institutions religieuses et annonçant une rupture avec l’ancien système. Selon Jésus, on ne rapièce pas, en effet, un tissu vieux (les anciennes lois/pratiques) avec un tissu neuf (l’enseignement de Jésus), car cela déchirerait encore plus. Il faut accepter le neuf pour une nouvelle étoffe (la Nouvelle Alliance).
Mais, Jésus ne rejette pas l’Ancien Testament. Il explique qu’il vient lui donner tout son sens.
« Ne croyez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes ; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir. » Matthieu 5,17)
Jésus s’inscrit donc dans la continuité de l’Ancien Testament, mais il met l’accent sur l’amour et l’intention du cœur plutôt que sur la simple obéissance aux règles.
La question de savoir si le Nouveau Testament remplace l’Ancien est centrale. Jésus ne se présente pas comme celui qui abolit la Loi ancienne, mais comme celui qui l’accomplit. Il en révèle le sens profond : la loi n’est pas une fin en soi, ni un instrument d’oppression, mais un chemin au service de la vie. Lorsqu’il affirme que le sabbat est fait pour l’homme et non l’homme pour le sabbat, il rappelle que toute règle religieuse ou morale doit servir la dignité humaine et non l’écraser. La fidélité à Dieu ne se mesure pas à une observance rigide, mais à la capacité d’aimer et de faire vivre.